Fondements Imagerie de
l'écoumène
Systèmes de
coordonnées
Cosmicité
d'un lieu
Lexique
et typologie
Liens
Anthropologie de l'espace > Imagerie de l'écoumène


Cette section présente un ensemble d'images qui nous instruisent sur les particularités du milieu que nous habitons. En nous positionnant sur un point d'Archimède extérieur à la Terre, nous sommes à même d'apprécier différents phénomènes qui, se déployant dans la transcontinentalité et la diachronicité, nous affectent, nous façonnent, nous inspirent, nous nourrisssent.

Pour aborder cette réalité et le paradigme nouveau qu'elle suppose, il est nécessaire d'en détailler les contours. Un texte, accessible en cliquant sur les images, tente d'en extraire le sens, le message ou la leçon.

LA PLUPART DES TEXTES ATTENDENT ENCORE D'ÊTRE PUBLIÉS SUR CE SITE. Patience donc...



Qu'une Terre. Cette image provient d’une carte publiée récemment par la NASA. Il s’agit de la représentation la plus précise à ce jour de la Terre. Cette mosaïque fut constituée à partir des données recueillies par le satellite artificiel Terra, lequel compte à son bord l’appareil d’imagerie de pointe MODIS (Moderate Resoluation Imaging Spectroradiometer). Plusieurs milliers de photographies en vraies couleurs ont été utilisées pour parvenir à ce résultat. Le degré de détail l’agraindissement est de l’ordre du kilomètre carré seulement, une valeur inouïe lorsqu'on la confronte à l'immensité de l'étendue terrestre.


Géodynamique Virtuelle. D’un coût de 400 millions de dollars US, le Earth Simulator vise un objectif précis : élaborer des modèles prédictifs raffinés (de l’ordre de 10 km) en océanographie, en climatologie, en volcanologie et en séismologie, afin d’anticiper les situations dramatiques qui, à n’en pas douter, surviendront à l’avenir au Japon, lieu de sa mise en service. Les humains en sont donc arrivés à ce degré de compréhension des phénomènes naturels qui leur permet de reproduire, artificiellement, virtuellement, des événements qui, pendant des milliards d’années, n’ont eu cours que dans la réalité sensible du monde physique.


Extraterrestrialisation. Par les sondes qu'il déploie dans le cosmos, l'humain se donne les moyens de poursuivre et de prolonger des gestes qui, de tout temps, l'ont accompagné dans l'exploration des lieux terrestres.


Humanité et Altérité. Le radiotélescope d'Arecibo, situé à Porto Rico, est le plus large de la Terre. D'un diamètre de 305 mètres, cette immense antenne à réflecteur sphérique est constituée de près de 40 000 plaques d'aluminium. À 450 pieds du centre, repose une plate-forme de 900 tonnes à laquelle sont attachés des récepteurs radio. Ces derniers, très sensibles et baignés dans un bassin d'hélium liquide pour diminuer le bruit thermique environnant, peuvent capter des émissions entre 50 et 10 000 mégahertz. Ce radiotélescope a été inauguré en 1972. Depuis, il sert à l'écoute du ciel dans les ondes radio, ainsi qu'à la recherche d'intelligence extraterrestre, dans le cadre du projet Phœnix, parrainé par le programme SETI.


Humanité et Transplanétarité. Le 21 juillet 1969 demeurera une date marquante de l'Histoire. Le satellite naturel de la Terre fait parti du paysage quotidien des habitants de la Terre. Criblée d'astroblèmes, la Lune garde les traces de l'activité qui perturbe sa surface. L'érosion et la corrasion y sont pratiquement nulles. Les pas de douze astronautes s'y sont enfoncés et ces marques resteront intactes pour les millénaires à suivre. L'expansion humaine ne fait donc que se prolonger au dehors même du milieu qui l'a vu émerger. S'agit-il d'une exode, d'une émancipation, comme certains l'affirment ? Cet élan au dehors, ce saut au delà, est-il une exploration ou une colonisation ? Comment les différencier ? Homo sapiens sapiens investit le médium interplanétaire, envoyant sondes, êtres, instruments dans l'espace, un ensemble désormais stratégique.

HAUT


Anthropisation et Biosphère. Cette carte présente une synthèse de plusieurs centaines d’études réalisées sur l’impact qu'engendrent les infrastructures humaines sur le milieu naturel. Cette image a été réalisée par GLOBIO, un organisme affilié à l’UNEP (United Nations Environment Program) et au NINA (Norwegian Institute for Nature Research). GLOBIO a été crée en juin 2001 afin d’apporter des outils et des arguments scientifiques au débat sur la nature des changements environnementaux globaux. Ces recensements de grande envergure rendent la réalisation de modèles prédictifs possible. L'activité humaine semble parachever sa propagation jusqu'à ce qu'elle sature le territoire et les ressources qu'il contient.


Conjonction et Confluence. De l'espace, l'océan présente en certains points des arabesques turquoises que l'on nomme bloom. Il s'agit de vaste étendues d'eau qui peuvent contenir plusieurs milliers de milliards de milliards d'organismes microscopiques appelés Emiliania huxleyi. Ces algues unicellulaires photosynthétisantes sont enveloppées d'une minuscule coquille de calcium, laquelle leurs vaut le nom de coccolithophores. On les voit ici dans les eaux norvégiennes. Vers l'ouest, un panache grisâtre est visible : il s'agit de la fumée dégagée par les feux de forêt québécois de l'été 2002. Retenons de cette photographie qu'elle marque une rencontre entre les airs, les mers et les terres. Une vaste interaction, à l'échelle planétaire, se déroule et renseigne sur la participation unifiée et co-influente d'ensembles telles la biosphère, la lithosphère, l'hydrosphère, l'atmosphère, l'écosphère, etc.


Grandeurs Cosmologiques. Cette image est une modélisation de notre univers local. Elle fut réalisée par l'Institut Max-Planck de Garching, près de Munich. Ce résultat correspond approximativement aux observations menées depuis une quarantaine d’années. Les agrégats, les filaments et les cavités qui figurent sur cette simulation représentent des concentrations ou des vacuités qui sont en adéquation avec le résultat des grands recensements galactiques. Les régions plus denses sont des groupes ou amas de galaxies. Le groupe auquel nous appartenons se trouve au centre de la simulation. C'est le Groupe Local. Les cartes de l'Univers voient donc le jour, virtualisées par un appareillage à la puissance de calcul capable de simuler dynamiquement les interactions baryoniques dans un univers comme le nôtre. 


Exploration Spatiale. Homo sapiens sapiens a, par le biais d'un complexe techno-culturel historiquement constitué, réussit à reproduire ses conditions d'existence dans un milieu normalement tout à fait hostile à la vie. Le médium interplanétaire, traversé par les rayons cosmiques mortels, peut dès lors être exploré, exploité. Considérons cette photographie telle une métaphore de l'ascension verticale du genre humain. Le photographe est reflété dans la visière de l'astronaute, rappelant la réflexivité et la conscience. Notons également la présence de la Terre, milieu d'origine auquel ces astronautes appartiennent viscéralement et organiquement. Le télescope spatial Hubble, derrière à gauche, rappelle l'effort de compréhension des dehors, des origines, des horizons.

HAUT


Transports Matériels. La traînée laissée dans le ciel par les avions intrigue. Lieu sacré où se jouent les mythologies du monde, le ciel a quelque chose d'inexpugnable, ne serait-ce en raison du défi que pose la gravitation. Pour qu'un avion perfore le ciel, il faut qu'on ait admis pouvoir y circuler, il faut l'avoir désacraliser, se l'aliéner pour mieux se l'approprier. Ainsi, chaque année, des centaines de milliers d'aéronefs cisaillent les dessus planétaires, chacun chargé de corps organiques et d'objets spécifiques - lettres, colis, pièces d'art, virus, souvenirs de voyage, cailloux et poussières typiques d'un certain lieu, un certain moment de l'histoire du monde. Ces traces sibyllines aperçues du sol sont visibles de l'espace. Elles témoignent d'un brassage exponentielle des éléments et d'une capacité de mouvement inégalée dans l'Histoire humaine.


Astroblème et Milieu Humain. Il y a 360 Ma, un astéroïde d'environ 2 km percuta de plein fouet une portion équatoriale de la Terre. Les continents étaient alors couverts de fougeraies humides et d'arbres columnaires. Quelques amphibiens s'aventuraient témérairement sur les terres exondées, alors habitées par des insectes, des escargots, des araignées... L'impact fut tel qu'il liquéfia la roche et produisit une énorme cicatrice de ~60 km, redessinant du coup l'entièreté du paysage régional. Au cours des âges qui suivirent, cette terre migra vers le nord tandis que des faunes et des flores différentes s'y installaient tour à tour. La rencontre violente des astres contribua à rendre ce lieu favorable à l'occupation humaine permanente. Deux baies d'origine extraterrestre donnèrent leur nom aux deux principales villes de Charlevoix.


Cicatrices en Amazonie. Dans l'esprit de nombre d'humains, la selve amazonienne constitue l'emblème du paradis foisonnant que l'industrie des hommes corrompt et corrode chaque jour davantage. Ce cas marquant de déprédation traduit une tendance dont la finitude terrestre seule endiguer. Chaque année sur Terre, ~160 000 km carrés d'étendue forestière sont rasés, provoquant des cascades d'extinctions dont la portée échappe à l'essentiel de l'humanité. Ces extinctions centinéliennes - de Centinela en Équateur, cas-type de ce genre d'anthropisation - appauvrissent gravement la biodiversité planétaire, fruit d'une évolution houleuse s'échelonnant sur plusieurs milliards d'années. L'humain est devenu l'artisan de la décomplexification du monde.


Télécommunication et Transcontinentalité. Le transport de l'information à l'échelle planétaire profite de l'extrême célérité de la lumière. Des discussions sont rendues possibles d'un pôle à l'autre grâce à des flottes de satellites qui monitorent la Terre et relaient le flot constant des données émises au sol. L'antique absolu du jour et de la nuit est renversé, permettant un dépassement de la cadence instaurée par la rotation naturelle de la Terre. Un monde virtuel se construit et émerge inéluctablement par le biais de l'internet, vaste réseau synaptique qui est appelé à supporter presque toutes les médiations et  interactions humaines (sons, images, mouvements, odeurs, touché ?). De gros câbles de fibre optique rattachent physiquement les continents et les îles les plus isolées.

HAUT


Chaos et Turbulence. Ces patrons de perturbation qui remuent les froides nuées est causé par les flancs d'un volcan qu'a rencontré une ample nappe vaporeuse avant de s'y déchirer. À l'exemple du cycle des atomes d'argon, ces jolis tourbillons illustrent la co-participation des éléments dans la constitution du monde tel qu'il est. Le temps seul est à même de révéler la contribution de chacune des aspérités du monde, de chacune des actions humaines. Un rien mène à des conséquences cosmiques, le monde d'aujourd'hui étant l'addition chaotique et inextricable des infinis conformations du passé. La Terre apparaît tel un milieu clos et circulaire, dynamisé par l'étoile proximale et par ses mécanismes souterrains. Cette co-détermination scelle le destin de l'ensemble écosystémique global ; l'activité humaine aussi.


Temps et Civilisations. Au temps de leur érection, les pyramides servaient de tombeau monumental aux pharaons-dieux qui régnaient sur l'Égypte. Depuis, bien que leur revêtement ait presque entièrement disparu, leur silhouette demeure. Aujourd'hui, des touristes font patiemment la file afin de visiter les salles par le chemin des pillards... Merveilles du monde antique, elles sont les reliques d'une activité humaine intense, truchement même d'une cosmologie spécifique. L'anachronie de ces temples-tombes est récupérée par toute une industrie tablant sur l'orientalisme suave qu'ils suggèrent. Ainsi en est-il des vestiges sur lesquels sont construits les décombres à venir. 


Cartographie des Origines. Le Cosmos est un ensemble signifiant qui contient certaines réponses aux sempiternelles questionnements humaines, pour peu qu'on le creuse et l'ausculte. L'analogie est telle avec l'archéologie que l'on nomme le rayonnement de fond cosmologique (RFC), rayonnement fossile. Cette émission micro-onde parvient de tous les points de l'Univers et constitue l'écho du découplage entre la matière baryonique et la lumière, quelque 379 000 ans après le Big Bang. L'étudier précisément revient à comprendre l'état qui caractérisait l'Univers à cette époque liminaire. Cette image représente le plus ancien aperçu du passé à ce jour. Elle dresse un portrait fracassant de l'Univers dans lequel nous vivons, âgé de 13.7 Ga.


Humanité et Énergie. L'éclat nocturne des villes signale assez manifestement la soif et la consommation résultante d'énergie. Églises et autres éléments architecturaux significatifs sont éclairés vers le haut, éblouissant le ciel et nuisant à la contemplation des astres. Cette pollution lumineuse n'est qu'un des aspects des avancées de la civilisation technologique contemporaine. Un coup d'œil depuis l'espace suffit à saisir l'ampleur de cet étalement à la surface du globe. Le ciel de certains pays est notoirement noyé par leurs métropoles illuminées. Ces marques indélébiles dans la nuit se démultiplient et se resserrent. Les humains deviennent aveugles au spectacle patrimonial que constitue un ciel constellé, véritable fenêtre sur le milieu ambiant de la Terre, lucarne ancestrale offrant la Voie Lactée et l'infini.

HAUT


Intraterrestrialité et Activité Humaine. La verticalité nouvelle qu'impose le paradigme holistique d'une Terre ronde et unique est opérable aussi bien vers le zénith que vers le nadir. Le volcanisme, souvent terrifiant, marque durablement l'imaginaire. Cette occurrence en surface est l'aboutissement d'une conjonction de forces et de résistances qui agissent en sous-œuvre et dont les dynamismes façonnent à grande échelle le paysage planétaire. Les sols qui environnent ces intrusions magmatiques sont réputés pour être riches. L'activité agraire qui s'y déroule institue donc un rapport aussi bien avec les éléments du haut (air, cycle hydrique, etc.) que du bas (subduction, arc insulaire, etc.). Ce tellurisme est l'héritage de la Terre primitive, fille du Soleil.  


Humanité et Survivance. Le trou dans la couche d'ozone a fait beaucoup parler de lui durant les deux dernières décennies. Il est devenu un symbole des effets globaux et potentiellement délétères que peuvent entraîner les sous-produits de l'activité humaine. Son existence est largement connue, certainement en raison de son ampleur physique et de la rapidité de son élargissement. Le bouclier naturel que constitue cette mince pellicule d'ozone suffit à briser les rayons hautement énergétiques qui proviennent, notamment, de la fournaise solaire. S'en priver revient à mettre en péril la vie sur Terre telle qu'elle s'est constituée au cours des derniers milliards d'années. Confronté à cette menace et à d'autres, l'humanité interroge sa capacité à poursuivre son développement sans y nuire.


Hors Terre. La Station Internationale est en pleine construction, bien que la récente tragédie de Columbia risque d'en ralentir la progression. Ce projet international est extrêmement coûteux et ambitieux. Son élaboration marque la transposition de l'habitat humain dans un médium qui lui est complètement étranger. Certains visent déjà la Lune et Mars, espérant qu'on y établissent d'éventuelles bases susceptibles d'entamer la colonisation du Système Solaire. Cette fuite en avant apparaît pour plusieurs comme une option salvatrice capable de palier aux maux de l'humanité : surpopulation, crises énergétique et écologique... Seule une élite profite actuellement de cet effort. Les gains pour la cause humaine seront, dit-on, incalculables.  


Étalon Lunaire. Parmi les invariants du ciel figure la Lune, ce corps laiteux qui contrebalance si bien l'impétuosité solaire, d'autant que leurs diamètres apparents sont les mêmes. Selon les théories les plus plausibles, l'astre de nos nuits résulterait d'une collision entre la Terre et une planète primitive. Aujourd'hui, bien que sa présence soit rendue manifeste par les marées, la Lune n'est guère plus qu'un bel élément du décor. Pour les Terriens, elle est acquises, là, consacrée par le courant romantique, symbole de nostalgie et de fertilité. Or, on y a marché et, bien plus qu'une tache lactescente, la Lune est un monde en soi où règne une désolation qui contraste avec les beautés d'ici-bas.


Étoile Nourricière. Le Soleil fait lui aussi parti du paysage élémentaire de la Terre. Carburateur de la biosphère, d'innombrables mythologies l'érigent au rang de dieu tant il est une condition nécessaire à la suite du monde, tant l'humanité apparaît éphémère à ses côtés. Or, le Soleil ne se distingue des milliers d'étoiles visibles de nuit que par sa faible distance. Remettre en perspective cet astres et son rôle dans la nucléosynthèse lui redonne le lustre qu'il a perdu. Nous sommes, après tout, des poussières d'étoiles.


Matière structurante / matière structurée. Un appareillage sophistiquée amène l'humain à creuser
     


HAUT



Commentaires ?

À propos du site

Dernière mise à jour 17-12-02 :: Félix Pharand-Deschênes