| Fondements | Imagerie de l'écoumène |
Systèmes de coordonnées |
Cosmicité d'un lieu |
Lexique et typologie |
Liens |
INTRODUCTION
Cette section du site tente d’exposer
sommairement les différentes avenues que l’étude de l’espace et de ses
représentations peut emprunter. Par espace, nous entendons la « chose
étendue » en général. Cette proto-définition a ceci de commode
qu’elle caractérise l’espace quotidien aussi bien que l’espace
cosmologique, deux unités qui ne se distinguent qu’en raison de leur échelle
respective.
La pluralité des points de vue desquels
l’espace peut être envisagé suffit à nous convaincre de la nécessité
d’une convergence disciplinaire, l’anthropologie ne pouvant à elle seule
embrasser la multitude des niveaux que présente ce complexe sémantique, non
moins que l’astrophysique ou la géographie. Une investigation, même
superficielle, de cette problématique souligne les lacunes de notre compréhension
quant au rapport dynamique et participatif de l’être humain envers son
milieu.
En ce stade liminaire, rappelons les trois
degrés d’intégration des savoirs, dans l’espoir de situer la présente
entreprise :
1. La PLURIDISCIPLINARITÉ est
une association de différentes sciences dont les visions propres demeurent
inchangées au cours du processus associatif.
2. L’INTERDISCIPLINARITÉ
est
une association de différentes sciences qui conduit à l’élaboration
d’un langage et d’une méthodologie communs ; à l’issue de cette
rencontre, les savoirs se sont enchevêtrés ;
3. La TRANSDISCIPLINARITÉ
est une association de différentes sciences dont l’intégration unitaire
est telle que l’ensemble intégré vient à se situer au-delà des champs
disciplinaires classiques. Elle vise, sans nécessairement l’atteindre, la
Connaissance.
Tenter d’épreindre cet objet, l’<espace>,
est crucial pour comprendre l’être de l’humain, celui-ci étant d’abord
et avant tout quelque part, en un lieu qui le sous-tend autant qu’il le
sous-entend. C’est cette mécanique, qui opère en sous-œuvre, qu’il
s’agit de voir, de comprendre, de mettre au jour. Pour ce faire, nous
proposons un itinéraire en plusieurs étapes :
A. Dans la section anthropologie
et astronomie, nous tentons de souligner les diverses tentatives
qui apparièrent, pour un temps, ces deux disciplines dans une optique souvent
pluridisciplinaire. Ce bref historique des côtoiements entre humains et
astres, d’un point de vue académique, se limite à leur dimension
classique, c’est-à-dire aux unions consacrées par un passé avéré et
mutuellement reconnu. Il s’agit, la plupart du temps, d’un alliage
d’histoire des sciences, d’archéologie et de paléoanthropologie.
B. La section anthropologie
et astronautique tente, quant à elle, de reconnaître les apports récents
de l’anthropologie face aux événements tout aussi récents de l’ère
spatiale. L’humain, désormais animal également en orbite, se dirige
graduellement vers d’autres mondes que la Terre Mère ; déjà, il habite périodiquement
à quelque 400 kilomètres de cette surface planétaire qui l’a vu naître.
Que dit l’anthropologie de la colonisation du système solaire ou des
cultures émergentes, propres aux habitacles réduits des astronautes, des
spationautes et des cosmonautes ?
C. La section anthropologie
et espace est bipartite et interdisciplinaire. En premier
lieu, on tente d’y saisir, d’un point de vue mythique et géographique, le
rapport structurel qui associe l’être humain à son milieu de vie, celui-ci
déterminant les conditions mêmes de son existence. Les notions d’écoumène
et de médiance y sont développées, de même que les prémisses
d’une phénoménologie du lieu et d’une sémantique du milieu. Il s’agit
donc de voir comment l’humain habite l’espace, comment il le conçoit et,
conséquemment, comment il le façonne et l’aménage.
En second lieu, nous tentons de saisir dans cette section jusqu’à quel
point l’espace est signifiant à la lumière de la cosmologie occidentale
contemporaine. En effet, un certain parcours intellectuel caractérise le
monde des perceptions spatiales, les sensations étant pratiquement toujours
les mêmes. Les conceptions « non-scientifiques » au sens propre
l’appréhendent comme un tout auquel participent les humains – c’est là
l’essentiel des cosmogonies et cosmologies mythiques. Les conceptions
« rationnelles » opèrent une rupture entre le sujet pensant et le
monde qu’il occupe. Cette partie tente de renouveler cette approche afin de
ré-insérer l’humain dans le monde ; en somme, afin de ré-enchanter le
monde et, avec lui, l’humain. Une utopie qui vaut d’être encouragée,
selon nous.
D. Enfin, la section anthropologie
et espaces imaginaires se propose d’explorer les différentes
conceptions culturelles à l’égard de l’espace. Cela va des récits
mythologiques jusqu’à la littérature d’anticipation, en passant par
l’expérience on ne peut plus organique que peut instituer la contemplation
des vastes choses, des œillades précipitées au travers d’un télescope
aux paysages planétaires dans toute leur gloire.
Puissent vos commentaires alimenter et instruire ce grand voyage.
Puissions-nous transcender.
*
* *
A.
ANTHROPOLOGIE ET
ASTRONOMIE
L’ample panorama des écoles de
pensée en anthropologie comporte d’innombrables organes, chacun auscultant
une réalité avec une sensibilité qui lui est particulière, chacun possédant
un ensemble de postulats et de prémisses qui définissent une vision propre
et qui, par leur grille de lecture, colorent et texturent leur objet d’étude.
Ainsi, les structuralistes se pencheront sur les organisations binaires qui
structurent l’organisation sociale et le discours mythologisant des peuples
(haut/bas, soleil/lune, anabase/katabase, etc.). Les symbolistes iront à la
quête des universaux cosmiques et de leur assimilation dans les schèmes
propres aux différentes ethnies. Les adeptes d’anthropologie physique
s’intéresseront aux adaptations biologiques de l’humain aux cycles et
rythmes inhérents à la condition terrestre et héliocentrique de la vie. Les
diffusionnistes s’attarderont aux aspects gnoséologiques, à la migration
des savoirs astronomiques et à la sélectivité de leurs emprunts d’une
culture à l’autre. Les fonctionnalistes chercheront à comprendre en quoi
les détenteurs de ces savoirs occupent un rôle social particulier au sein
d’une communauté. Les spécialistes d’ethno-science s’attacheront à
souligner les méthodes particulières dont font preuve les individus d’une
culture donnée dans la constitution d’un corpus de connaissances et de catégories
astronomiques. Les ethnopsychanalyses tenteront d’approfondir les couches
inconscientes sollicitées par la contemplation des astres. Les
ethno-sociologues verront en quoi les divisions sociales adhèrent aux différentes
classifications astrales (joviens, saturniens, lunatiques par exemple). Les évolutionnistes
verront ici de la dominance patriarcale « solaire » et là les
velléités « lunaires » d’un matriarcat. L’énumération des
voies possibles serait encore longue.
Nombreuses sont les raisons pour lesquelles
l’anthropologie fait si peu de cas de l’astronomie scientifique. La plus
évidente est sans doute que l’astronomie dite culturelle est davantage accessible aux anthropologues et qu’elle
cadre mieux avec leur formation et leur objet d’étude. Le fait notable que
les percées scientifiques de l’astrophysique et de la cosmologie aient si
peu d’incidences concrètes à court terme sur les humains suffit à éloigner
les anthropologues de ces questions.
Au haut degré d’abstraction de ces matières
s’ajoute donc l’éloignement causal manifeste entre les humains et les étoiles.
Ces deux entités, bien que concrètement liées, demeurent excessivement éloignées
dans la chaîne des consécutions physiques. Pour expliquer la persistance de
cette rupture entre les mondes sublunaire et supralunaire, nous
pouvons aussi évoquer bien d’autres raisons, telles le désintérêt dû
à une forme de désenchantement du monde moderne, une éducation qui ignore
tout bonnement ces réalités hors terre, une perte de confiance dans la
science et les scientifiques, une mauvaise vulgarisation des savoirs, une
pollution lumineuse intense dans les foyers urbains, une actualité déstabilisatrice
et l’urgence des enjeux terrestres, etc.
En dépit de cette étrangeté apparente et réciproque,
des passerelles sont jetées entre l’anthropologie et l’astronomie.
Originellement, nous devons à l’archéologie d’avoir balisé un terrain
d’échange, la disposition de certains sites et d’infrastructures ayant été
sciemment élaborée par plusieurs civilisations en fonction du positionnement
des astres. Pensons aux antiques observatoires méso-américains, aux
cromlechs, aux dolmens, aux stèles, aux teocallis, aux pyramides et à tous
ces temples et bâtiments cultuels qu’on érigeait en fonction de certaines
configurations du firmament ou de certains cycles célestes. Au cours de XXe
siècle principalement, plusieurs ethnologues commencèrent à manifester un
intérêt accru à l’égard des savoirs astraux, l’astrologie et
l’astronomie se confondant habituellement en des pratiques astromanciennes.
Pour ne citer que ceux-là, Claude Lévi-Strauss creusa la question du
« sexe des étoiles » et de l’insertion structurelle des
astres dans le mythe (Lévi-Strauss, 1967) ; Marcel Griaule et Germaine
Dieterlen analysèrent certains rituels dogons liés à l’étoile Sirius
(Griaule et al., 1950) ; Viviana Pâques souligna la place qu’occupent les
corps célestes dans les mythes du Nord-Ouest africain (Pâques, 1969) ;
Anthony Aveni travailla, entre autres, sur les savoirs astrographiques incas
et mayas (Aveni, 1980, 1982 et 1992) ; Steve McCluskey mit en
lumière les conceptions populaires et chrétiennes de l’astronomie au
Moyen-Âge européen, en plus de mener des recherches sur l’astronomie hopi
(McCluskey, 1982 et 1990).
L'observatoire maya « El Caracol » de Chichen Itzà, dans la Péninsule du Yucatan. Image : Clive Ruggles |
Il va sans dire que des recherches
d’envergure dans ce domaine ne peuvent se réaliser qu’auprès de peuples
dont l’accès au ciel n’est pas sérieusement limité. Les peuples
forestiers sont, par exemple, contraints à une astronomie souvent
superficielle, en raison de l’humidité intense qui règne habituellement
dans les selves, l’horizon étant aussi généralement brisé par les
arbres. On peut s’attendre à ce que les milieux de montagnes ou de déserts
favorisent l’observation des astres. On peut également croire que les
milieux où les repères terrestres ne sont pas immédiatement à la portée
du regard attisent le développement d’une astronomie. Cette « pression »
du milieu est remarquablement illustrée par l’astrogation, cette
technique de navigation qui utilise les astres pour se guider en mer. Le
navigateur David Lewis en fit une brillante analyse à la suite d’un voyage expérimental dans le Pacifique au
cours duquel il se dirigea sans nul autre instrument que les étoiles, la
Lune, le Soleil et les vents ; cet exploit est d’autant plus
impressionnant qu’il se déroula avec une grande précision sur plus de 3000
km, de Tahiti et aux côtes néo-zélandaises (Lewis, 1974).
Pierre Erny, de l’Institut d’ethnologie de
Strasbourg, propose dans un article-phare (Erny, 1996), duquel nous nous
inspirons grandement, une typologie bipolaire susceptible d’organiser les
données abondantes qu’accumulent les anthropologues lors de leurs terrains.
Il distingue avec justesse l’observation du mode d’intégration des données
observées.
§
Elle peut être
purement empirique et occasionnelle ;
ou au contraire constante, organisée et méthodique.
§
Elle peut
n’impliquer que les yeux seuls ;
ou au contraire s’aider d’instruments plus ou moins complexes et spécialisés.
§
Ses finalités
peuvent être diverses : détermination des saisons, élaboration de
calendriers, lecture de présages, compréhension des dynamismes cosmiques, vérification
d’une prédiction théorique, etc.
Elle peut s’effectuer sur divers modes
co-occurrents :
§
Symbolique :
à quel point les astres sont-ils présents dans le discours, les pratiques,
les arts, les croyances, les mythes, l’imaginaire ?
§
Fonctionnel :
à quel point marquent-ils le langage, l’organisation socio-politique, les
migrations, les échanges ?
§
Ontologique ou
cosmologique : à quel point affectent-ils les conceptions de l’espace, du
temps, de l’origine et de l’avenir, de la destinée humaine ?
§
Technique : à
quel point orientent-ils les innovations technologiques, l’architecture et
l’urbanisme ?
L’intégration des données astronomiques
renvoie donc à divers paliers d’influence dans la culture du peuple qui
pratique l’observation des astres. Cette intégration culturelle peut être
forte ou faible, et cela, que l’observation soit intense et systématisée,
ou non. Prenons l’exemple de l’Occident moderne, société mosaïque et
bigarrée où l’observation des astres profite d’une technologie de pointe
et de ressources abondantes. Malgré la pluralité des moyens et la masse
quotidienne impressionnante de données nouvelles, l’intégration culturelle
reste faible. La ténuité de cette corrélation surprend par la disproportion
entre les efforts d’observation et les efforts d’intégration. D’aucuns
pourraient soutenir que ces savoirs, d’un point de vue strictement cognitif,
arrivent manifestement à rayonner dans presque toutes les sphères de la société,
par le biais des revues et ouvrages de vulgarisation, des émissions télévisuelles
et radiophoniques et des programmes scolaires. L’industrie cinématographique,
quant à elle, contribue grandement à introduire des données scientifiques
dans la pensée populaire, que ce soit dans un cadre cohérent (ex :
Contact) ou complètement erroné (ex : Armageddon). Nonobstant ces
incursions aussi multiples que variées d’éléments astronomiques dans la
culture, un fait demeure : l’information astronomique et ses
implications radicales semblent tout simplement ne pas avoir de prise de nos
jours, tant sur le vécu individuel que sur le déploiement des sociétés.
B. ANTHROPOLOGIE ET ASTRONAUTIQUE
Les bouleversements techno-symboliques du siècle
dernier ont ouvert de nouvelles voies à l’humain. Homo sapiens pouvant
désormais flotter en orbite autour de sa planète, l’anthropologie doit
s’ajuster à cette réalité totalement inédite. Ben Finney, anthropologue
à l’Université de Hawai’i, s’est intéressé à cette problématique
bien actuelle. Sa pensée originale, au parfum de l’optimisme fébrile des
années d’expansion de la puissance spatiale américaine, traduit un
sentiment partagé par des légions de jeunes et moins jeunes qui voient dans
l’espace l’arène où s’écriront les prochains chapitres de
l’histoire humaine.
Les recherches de M. Finney (1988) portent sur
trois aspects principaux : (1) les voyages et migrations polynésiennes,
(2) l’exploration spatiale et ses implications sociales et (3) les conséquences
d’un éventuel contact avec des formes de vie extraterrestre. Voici de manière
simplifiée le raisonnement qui articule ses thèses : l’humain évolue
tel un animal explorateur et migrateur ; la colonisation de l’espace
n’est que le dernier acte en date de cette expansion commencée il y a
environ 5 Ma ; l’exploration interstellaire future entraînera sans
doute des contacts lourds de conséquences pour l’humanité. Elle pourra
aussi être l’occasion de spéciations différentielles menant à l’éclatement
de Homo sapiens en plusieurs espèces. Ces propositions sont certes
discutables et parfois hautement spéculatives, mais l’expérience de pensée
qu’elles proposent vaut amplement qu’on s’y attarde.
HOMO SAPIENS, INTRINSÈQUEMENT MIGRATEUR ET
EXPLORATEUR ?
Pour appuyer sa position, Ben Finney (1987)
fait appel aux données génétiques de la biologie comparative et de la paléoanthropologie.
Il rappelle que les hominidés sont morphologiquement défavorisés par
rapport aux autres animaux en raison de leur appareil de défense réduit (les
canines et les ongles ne font pas le poids aux crocs et aux griffes). De longs
déplacements au sol ne peuvent ainsi être viables que si le regard est libéré
des contraintes de la quadrupédie. Il fallut donc la bipédie pour sortir de
l’Afrique, modalité que seules des modifications du matériel générique
ont pu actualiser. Pour expliquer la nature de cette transition, M. Finney et
d’autres évoquent la notion de néoténie, cette aptitude qu’ont
certains animaux à pouvoir conserver une structure immature à l’âge
adulte. On constate en effet que les grands singes, tels les gorilles et les
chimpanzés, sont bipèdes au stade infantile jusqu’à l’âge de un an, un
an et demi tout au plus, après quoi des changements structurels et
fonctionnels interviennent (notamment le recul du trou occipital vers l’arrière
du crâne), obligeant l’enfant à la posture accroupie, typique des singes.
Cette singularité serait l’effet d’une hétérochronie, c’est-à-dire
d’une évolution morphologique non constante de l’organisme, par
saltations. Certains imputent aux fameux gènes homéogènes (ou Hox) la
responsabilité des ces variations dans l’horloge du vivant. Quelle qu’en
soit la raison (nous laissons aux embryologues et aux paléontologues le soin
de nous instruire en ce sens), il appert que la bipédie ne se produirait pas
en simple réponse aux pressions environnementales, comme le veut le scénario
« west side story » d’Yves Coppens. Des mécanismes intrinsèques
sembleraient être à l’œuvre dans le processus même de la bipédisation,
celle-ci s’avérant en somme être l’hypomorphie d’un caractère partagé
par tous les membres de notre histoire phylétique. Cet arrêt du développement
d’un caractère serait plus ou moins contemporain du sur-développement, ou
de l’hypermorphie, d’un autre organe : le cerveau. En effet, la période
embryonnaire au cours de laquelle la démultiplication cellulaire survient
dure en moyenne six semaines de plus chez le bébé humain que chez le bébé
chimpanzé. Au rythme du développement de 5 000 neurones par seconde, cette
phase intense entraînerait l’hypertrophie du cerveau et, à terme, la pensée
réflective...
Ces confluences évolutives diverses,
adaptativement favorables à l’espèce faut-il croire, laissèrent des
marques indélébiles sur le comportement de nos ancêtres du Pléistocène.
Cela s’est traduit par le pouvoir d’influer sur le milieu par le biais
d’outils de plus en plus raffinés et par le développement de la capacité
de mieux circuler dans le milieu par la bipédie. Il est intéressant de
constater que ces deux caractéristiques se trouvent aujourd’hui tout à
fait exacerbées : si l’humain est dorénavant capable de s’anéantir par
les « outils » que constituent les armes de destruction massive,
il est en revanche capable de quitter sa propre planète à l’aide
d’astronefs, dignes prolongations para-organiques de ses pieds et de ses
jambes.
En plus de noter ces modifications salutaires
pour l’espèce, Ben Finney fait remarquer que les singes supérieurs sont,
en bas âge, plus aventureux, joueurs et investigateurs que leurs aînés. Aidé
des travaux de Konrad Lorenz, il soutient que ce tempérament serait un autre
avatar de la néoténie. En somme, le penchant juvénile à l’exploration et
à la découverte serait adaptatif pour Homo sapiens, tant et si bien
qu’on l’érige aujourd’hui en profession. La nature inquisitrice propre
à l’humain ne serait rien de moins que la source de la science et de
l’innovation...
L’HUMAIN ET SA COSMISCISATION
Souventefois, on compare la découverte de
l’Amérique par Christophe Colomb (ou Leiv Eriksson) aux premiers pas de
Neil Armstrong sur la Lune. Comme dans de nombreux films de science-fiction,
on procède par l’extension d’entités géomorphologiques déjà
existantes sur Terre : les continents deviennent des planètes et les océans
intercontinentaux, des espaces interplanétaires... Or, cette analogie n’est
pas la bonne, nous dit Ben Finney. Armstrong n’était pas réellement l’émule
de Colomb, car le Nouveau Monde était déjà habité par des humains depuis
des millénaires. Il serait dès lors plus juste de parler des Polynésiens
qui, il y a 5 000 ans, colonisèrent par les mers, des îles où nul humain
n’avait mis les pieds auparavant.
Pour accomplir ces odyssées, hommes et femmes
durent modifier profondément leur manière de vivre et l’adapter au milieu
océanique qui, pour les continentaux que nous sommes, est synonyme de risque,
voire d’hostilité. Partis de l’Asie du Sud-Est et des côtes de la Chine,
ces premiers conquérants de l’élément liquide eurent à affronter la
houle du plus grand océan de la planète. Ils apprirent à façonner de longs
canoës et pirogues adaptés aux tempéraments océaniques ; ils développèrent
des techniques et des méthodes précises de navigation ; ils inventèrent
des systèmes d’agriculture « portables », leur permettant
d’ensemencer les îles où ils accostaient ; enfin, ils durent adapter leur
organisation sociale en fonction de cette dispersion continuelle, en terres
lointaines et étrangères. Une fois chacune des îles visitées ou habitées,
l’expansion polynésienne cessa. Il faudra attendre les premiers
explorateurs européens, au XVe siècle, pour que la circumnavigation prenne
son essor avec Ferdinand de Magellan et que, pour la première fois, l’on
visite le globe en tous ses points.
Archipel volcanique de Hawai'i - Océan Pacifique - Tropique du Cancer. Image : MODIS |
Hononulu. Une nature sévèrement fragilisée par une forte pression humaine. Image : Landsat 7 |
L’étape qui suit logiquement cette récapitulation
historique est la navigation spatiale, dont le coup d’envoi fut le lancement
réussi de Spoutnik I, le 4 octobre 1957. Depuis cette date charnière, plus
de 400 astronautes, cosmonautes et spationautes ont vu la Terre à distance,
dans toute sa rondeur. Douze d’entre eux ont marché sur la Lune. Déjà,
deux touristes se sont rendus en orbite, pour la modique somme de 20 000 000 $
US. Certaines entreprises explorent même la possibilité d’aménager des
chambres d’hôtel dans l’espace tandis que des compagnies d’aviation
entendent prochainement offrir des vols stratosphériques au cours desquels
l’astronaute amateur fera l’expérience de plusieurs minutes en
apesanteur. Et pendant que les Américains convoitent la planète Mars et en
font, dans certains cas, leur projet national, les Chinois lorgnent du côté
de la Lune. L’espace, émaillé d’un optimisme sans borne, est perçu
comme une panacée aux maux de l’humanité.
Témoin de ces changements draconiens,
l’anthropologie ne peut rester indifférente. Cette nouvelle verticalité
qui caractérise le vécu organique de l’humain, bien qu’étant
l’apanage d’un nombre restreint d’individus pour l’instant, affecte
forcément, globalement, l’imaginaire collectif et les perceptions, de l’Autre
et de l’Ailleurs. Ben Finney (1995) nous rappelle que l’ancienne Union
Soviétique, bien avant Spoutnik, connut un mouvement philosophique singulier
: le « cosmisme » russe. L’idéologie cosmiste, dont le théoricien
Konstantin Eduardovich Tsiolkovsky et le philosophe Nikolai Fedorovich Fedorov
furent les têtes de proue, puisait dans les traditions philosophiques d’Orient
et d’Occident, dans la théosophie, le panslavisme et la pensée religieuse
de l’Église Orthodoxe, et s’alimentait de l’optimisme techno-utopique
typique de l’époque, fin XIXe début XXe siècle. Scientifiques,
philosophes, théologiens, poètes et peintres cherchèrent alors à mettre en
lumière les liens entre l’humanité (souvent il est vrai la Russie) et le
cosmos, à mettre en valeur leur unitarité et leurs influences mutuelles, et
à défricher les voies que devrait emprunter glorieusement à l’avenir la
« vie intelligente ». Il va sans dire, comme le montre Robert
Triomphe, que la pensée de ces idéologues attisa grandement, en pleine
Guerre Froide, la ferveur des Soviets. L’U.R.S.S était alors perçue comme
le porte étendard de l’humanité à la conquête de l’Univers.
Il fallut un certain recul historique pour que
l’impact de l’exploration spatiale sur l’humain en général puisse être
mesuré. Ben Finney se réfère à la parution d’un livre au début des années
1980, « The Universe and Civilization » cosigné par le cosmonaute
Vitali Sevastyanov, le philosophe Arkady Ursul et le sociologue Yuri Shkolenko.
C’est dans ces pages qu’apparaît le terme cosmicisation, dont nous
retiendrons le sens. Il s’agit du processus par lequel l’ouverture de
l’humanité au cosmos induit des changements sociologiques et philosophiques
dans la conscience humaine et sociétale. Concrètement, ces modifications
surviendraient (1) par les perspectives nouvelles dégagées par
l’utilisation de sondes interplanétaires et de satellites artificiels, (2)
par les applications pragmatiques ultérieures, (3) par les bénéfices
nombreux générés par l’imagerie satellitaire en météorologie,
climatologie, océanographie, biogéographie ainsi que par les services énormes
qu’apportent les systèmes de télécommunication et de navigation, (4) par
la promotion d’une conscience écologique de la fragilité de la biosphère
inspirée par la vue d’une Terre ronde, seule et minuscule, (5) par l’évolution
de nouvelles fondations humaines susceptibles d’être produites par les
voyages spatiaux... Pour tout dire, cette cosmicisation devrait être comprise
comme la somme des bouleversements humains consécutifs à cette capacité de
s’extraire de la Terre.
L’HUMAIN, L’AILLEURS ET L’AUTRE
Parmi les impacts produits par une éventuelle sortie du berceau planétaire,
Ben Finney en retient essentiellement deux : (1) la possibilité d’un
contact avec une forme de vie non terrestre et (2) la possibilité de
migrations polydirectionnelles d’Homo sapiens, entraînant des
divergences allopatriques. L’approche par la pensée d’un tel futur, et du
monde de songes qui l’alimente, peut avoir de quoi séduire ; elle doit
cependant tenir compte des avertissements de l’histoire et de la forte prégnance
qu’elle continuera à exercer sur le devenir humain :
“The dream of Konstantin Tsiolkovsky, of
Robert Goddard, and of Hermann Oberth of the establishment of colonies into
space could be realized within the next century or so – unless that same
rocket technology that makes space expansion possible brings nuclear
destruction to Earth. Let us, however, be optimist and assume that a
“nuclear winter” does not end human life on Earth, and that other
disasters, manmade or natural, do not eliminate the human [specie]. The real
question then, is not whether attempts will be made to colonize space, but how
farreaching and successful those attempts will be.” (Finney, 1988)
Définir l’humain comme l’être de
migration, « le migrant », débouche, on le voit bien, sur un
ensemble de considérations et d’implications que l’avenir se chargera
d’actualiser ou non. Mais peu nous chaut que ces protensions s’ancrent
dans le réel : la réflexion anthropologique réside dans le fait même
que les humains y songent et qu’ils appellent ces réalités à se
construire. L’anthropologie occupe un point de vue privilégié pour
observer les métamorphoses qui secouent le monde. Elle adopte une perspective
Ben Finney fait remarquer que les spécialistes d’anthropologie maritime
seraient particulièrement bien outillés pour analyser les voyages extra planétaires
(Finney, 1986). Car ces pionniers nouveau genre devront apprendre à
co-habiter et à travailler en petits groupes, en huis clos, sans que cela ne
dégénère en conflits psychologiques et n’entraîne de brisure au sein de
l’ordre social. Cette dynamique est comparable à celle des équipages de pêcheurs
et d’explorateurs qui, sur de petits navires, accomplissaient des voyages épiques
en mers lointaines.
* * *
Bien que l’humain semble au seuil d’une expansion plus rapide
vers le cosmos, plusieurs enjeux très terrestres et très actuels viennent
nuancer, si ce n’est tout à fait freiner ces ambitions. L’idée d’un
progrès linéaire réalisé par une humanité unie semble plus que jamais
balancée par les ségrégationnismes culturels et religieux, ainsi que par
une sorte de démonisation de la technologie, celle-ci devenant un instrument
de pouvoir et d’exploitation. La biosphère se voit chaque jour amputée et
appauvrie ; la prolifération des armements nucléaires, bactériologiques et
chimiques, après une décennie d’accalmie apparente, semble repartir de
nouveau ; une montée de la peur à l’échelle du monde est nettement
observable et ses effets sont tragiques, pour ne pas dire tout simplement
a-cosmiques. Puisque les conditions d’existence immédiates d’Homo
sapiens semblent pour l’heure en péril, qui peut en effet se soucier de
ce cosmos indifférent sans qu’on ne le ramène violemment à l’urgence
posée par les réalités d’ici bas ?
Nous aboutissons au constat général d’une crise globale.
Certes, cette crise que nous postulons fait couler beaucoup d’encre et
suscite des discussions dans tous les foyers de la Terre. Elle ne demeure
pourtant qu’un soubresaut insignifiant dans l’histoire géologique et une
mince lamelle dans l’histoire humaine. Or, pour nous, humains
d’aujourd’hui, elle contient tout un potentiel de destruction et de
changement. Penser cette crise à l’échelle du cosmos peut être salutaire
; c’est cette voie que nous nous proposons maintenant d’explorer.
Nombreux sont les accès possibles à cette problématique
pressante. Tous se révèlent d’abord par une expérience de pensée :
il ne s’agit pas de faire de la prospective ni d’élucubrer oisivement sur
les différents possibles qui s’offre à l’humain, il s’agit de penser
le monde à la lumière de ce que nous en savons, à la suite d’une certaine
histoire, la nôtre justement. Par l’adoption d’un point de vue
macroscopique, une historiologie de l’humanité devient envisageable.
Quelques millénaires d’un vécu collectif thésaurisé, dont l’échelonnement
s’est fait sur diverses échelles et qui toucha diverses populations, avec
tout le lot de relations et d’influences que cela implique, permettent
d’aboutir à certaines propositions générales. Nous avons effleuré le phénomène
de l’expansion humaine, suffisamment pour retenir que cette radiation
anthropique, si elle se poursuit, aura pour conséquence de saturer la planète
et de la détruire. Il existe à ce sujet un nombre considérable de données
affirmant la nécessité d’une action concertée afin de réduire la
pression démographique inouïe qu’exerce notre espèce sur le reste du
territoire planétaire. Ce raisonnement s’articule autour de la l’idée
selon laquelle l’humanité est dépendante du reste du vivant pour
poursuivre sa traversée des éons. Déjà, deux grands scénarios voient le
jour pour contourner cet écueil : 1) l’humain doit quitter la Terre
pour peupler d’autres planètes et proliférer dans le cosmos et 2)
l’humain doit apprendre, moyennant une technologisation accrue du milieu, à
s’émanciper de la biosphère par la production artificielle et contrôlée
d’air, de nourriture, d’énergie, etc. Ces avenues, bien que courageuses,
s’offrent en tant qu’abstractions
C.
ANTHROPOLOGIE ET ESPACE
D.
ANTHROPOLOGIE ET ESPACES IMAGINAIRES
CONCLUSION
BIBLIOGRAPHIE
AKERBLOM, Kjell. Astronomy and Navigation in Polynesia
and Micronesia - A Survey, Stockholm : The Ethnographical Museum,
Monograph Series Publications, no. 14, 1968.
ARENDT, Hannah. Condition de l’homme moderne, Paris : Calmann-Lévy, 1961.
AVENI, Anthony. Ancient Astronomers, Montreal :
New St. Remy Press and Smithsonian Institution ; Smithsonian Exploring the
Ancient World, Jeremy Sabloff ed., 1993.
AVENI, Anthony et Gary URTON, eds. Ethnoastronomy and Archaeoastronomy in the
American Tropics, New York
Academy of Science, 1982.
AVENI, Anthony. The Sky in Mayan Literature, Oxford :
Oxford Press, 1992.
AVENI, Anthony. Skywatchers of Ancient America,
Houston : University of Texas Press, 1980.
BACHELARD, Gaston. La Poétique de l’espace. Paris : Presses
Universitaires de France, 1981.
BARROW, John. La Grande théorie, trad. de M. Cassé, L. Cohen et G. Paulus. Paris :
Flammarion, 1991.
BERQUE, Augustin. Écoumène : Introduction à l’étude des milieux
humains, Paris : Belin, 2000.
_______. Médiance : de Milieux en paysage, Montpellier :
Maison de la Géographie, 1990.
CHALINE, Jean. Un Million de générations : aux sources de l’humanité, Paris : Seuil, 2000.
COUCLELIS, Helen. « Location, place, region and space », Geography’s Inner Worlds
: Pervasive Themes in Contemporary American Geography, ed. R. F. ABLER, M. G. MARCUS et J. M. OLSON,
Nouveau Brunswick : Rutgers University Press, 1992, pp. 215–233.
COUCLELIS, Helen et Nathan GALE. « Space and Spaces », Geografiska
Annaler, no. 68, 1986, pp. 1-12.
DARDEL, Éric. L’Homme et la Terre : Nature de la réalité géographique,
Paris : CTHS, 1952.
ELIADE, Mircea. Aspects du mythe, Paris :
Gallimard, 1963.
ERNY, Pierre. « De l’ethnoastronomie », Des Astres et des
hommes, dir. Pierre ERNY, Paris :
L’Harmattan, 1996, pp. 7-17.
FINNEY, Ben. « Anthropology
and the humanization of space », Acta Astronautica, Londres :
Pergamon Journals Ltd,
vol. 15, no. 3, 1987, pp. 189-194.
_______. « The Impact of Contact », Acta
Astronautica, Londres : Pergamon Journals Ltd, vol. 21, no. 2, 1990, pp.
117-121.
_______. « Will Space Change Humanity
? », Frontiers and Space Conquest, ed. J. SCHNEIDER et M. LÉGER-ORINE,
New York : Kluwer Academic Publishers, 1988, pp. 155-172.
FINNEY, Ben et Jerry BENTLEY. « A Tale of Two Analogues : Learning
at a Distance from the Ancient Greeks and Maya and the Problem of Deciphering
Extraterrestrial Radio Transmission », Acta Astronautica, Londres :
Pergamon Journals Ltd, vol. 42, no. 10-12, 1998, pp. 691-696.
FINNEY, Ben, Vladirmir LYTKIN et Liudmila ALEPKO. « Tsiolkovsky, Russian Cosmism and
Extraterrestrial Intelligence », Royal Astronomical Society, Londres :
Q.J.R. astr. Soc., no. 36, 1995, pp. 369-376.
FREUNDSCHUH, Scott et Max EGENHOFER. « Human Conceptions of Spaces :
Implications for Geographic Information Systems », Transactions in
GIS 2, Oxford : Blackwell Publishing, 1997, pp. 361-375.
GOULD, Stephen Jay. La Vie est belle, trad. Marcel
Blanc. Paris : Seuil, 1991.
GRIAULE, Marcel et Germaine DIETERLEN. « Un système soudanais de Sirius », Journal de la Société
des Africanistes, no. 20, 1950, pp. 273-284.
GRIMSHAW, Anna. The Ethnographer’s Eye : Ways of
Seeing in Modern Anthropology, Cambridge : Cambridge University Press,
2001.
GUSDORF, Georges. Mythe et métaphysique, Paris : Flammarion, 1953.
HUGO, Victor. Promontorium Somnii, Paris : Les Belles Lettres, 1993.
JASNIEWICZ-JAFFIOL,
Françoise. Réflexion sur les méthodes de
l’ethnoastronomie, mémoire de DEA photocopié, Institut d’Ethnologie
de Strasbourg, 1990.
KOLARS, John et John NYSTUEN. Physical Geography : Environment
and Man, New York : McGraw-Hill Book, 1975.
KOYRÉ, Alexandre. Du
Monde clos à l’univers infini, trad. de Raïssa Tarr, Paris :
Gallimard, 1973.
KRUPP, Edwin. Archaeoastronomy and the Roots of Science, Boulder : Westview Press, 1984.
LEAKEY, Richard et Roger LEWIN. La Sixième
extinction : évolution et catastrophes, trad. Vincent Fleury.
Paris : Flammarion, 1997,
LEROI-GOURHAN, André.
Le geste et la parole, Paris : Albin Michel, 1964.
LÉVI-STRAUSS,
Claude. Anthropologie structurale, Paris : Plon, 1974.
_______. « Le Sexe des étoiles », Anthropologie structurale deux, Paris : Plon, 1967, pp. 251-261.
LÉVY, Françoise et Marion SEGAUD. Anthropologie
de l’espace, 2e édition, Paris :
Centre Georges Pompidou et Centre de création industrielle, 1984.
LEWIS, David. « Voyaging Stars : Aspects of Polynesian and Micronesian Astronomy », The
Place of Astronomy in the Ancient World, ed. Phil. Trans. R. Soc. Lond., no. A-276, Oxford, 1974, pp. 133-48.
LEWIS, David. We, the Navigators : The Ancient Art of Landfinding in the Pacific, ed. Sir Derek OULTON, 2è édition,
Honolulu : University of Hawaii Press, 1994.
LYNCH, Kevin. The Image
of the City, Cambridge : MIT Press, 1960.
MARK, David. « Spatial Metaphors for Human-Computer
Interaction », ed. P.
BRESNAHAN, E. CORWIN et D. COWEN, dans Proceedings Fifth International
Symposium on Spatial Data Handling, Charleston, 1992, pp. 104-112.
McKLUSKEY,
Stephen. « Gregory of
Tours, Monastic Timekeeping, and Early Christian Attitudes to Astronomy », Isis, no. 81, 1990,
pp. 8-22.
McKLUSKEY,
Stephen. « Archaeoastronomy,
Ethnoastronomy, and the History of Science », Annals of the New York
Academy of Science, no. 385, 1982, pp. 342-351.
MERLEAU-PONTY, Maurice. Phénoménologie de la perception. Paris : Gallimard, 1945.
MONTELLO, Daniel. « Scale and multiple psychologies of
space », Spatial Information Theory: A Theoretical Basis for GIS, ed. A. U. FRANK et I. CAMPARI, vol. 716 dans Lecture Notes in
Computer Science, New York : Springer-Verlag, 1993, pp. 312–321.
PINXTEN, Rik, van DOOREN, Ingrid et Frank HARVEY. Anthropology of Space, Philadelphie
: University of Pennsylvania Press, 1983.
PÂQUES, Viviana. « Mouvements cosmiques et mouvements des eaux en pays
baguirmi, Tchad », Proceeding of the VIIth International Congress of
Anthropological and Ethnological Sciences : 1968, Tokyo et Kyoto,
vol. 3, 1969, pp. 73-75.
PLATON. Timée et Critias, trad. de Luc Brisson. Paris :
Flammarion, 1996.
REDMAN, Charles L. Human Impact on Ancient Environments, Tucson : The University of Arizona Press, 1999.
SACK, Robert. Conceptions of Space in Social Thought : A Geographic
Perspective, Minneapolis : University of Minnesota Press, 1980.
SEVASTYANOV, V., A.
D. URSUL et Y. SHKOLENKO. The Universe and Civilization, Moscou : Progress Publishers, 1981.
TRIOMPHE, Robert. « Le Communisme et la Lune », Des Astres et des
hommes, dir. Pierre ERNY, Paris : L’Harmattan, 1996, pp. 173-205.
VERDIER, Paul. « Les Calendriers indo-européens », Des Astres et
des hommes, dir. Pierre ERNY, Paris : L’Harmattan, 1996, pp. 101-114.
VIRILIO, Paul. L’espace
critique, Paris : Christian Bourgeois, 1984.
WEINBERG, Steven. Les Trois premières minutes de l’univers, trad. de J.-B.
Yelnik. Paris : Seuil, 1977.
ZUBIN, David. « Natural Language Understanding and Reference Frames », ed.
D. MARK, A. FRANK, M. EGENHOFER, S. FREUNDSCHUH, M. McGRANAGHAN et R.M. WHITE,
dans Languages of Spatial Relations : Initiative 2 Specialist Meeting
Report, 89-2, Santa Barbara : National Center for Geographic Information
and Analysis, 1989, pp. 13-16.
| À propos du site |
Dernière mise à jour 17-12-02 :: Félix Pharand-Deschênes |