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L’adoption du réalisme épistémologique est commode. Elle permet quelques petits jeux de l’esprit. Imaginons-nous à l’entrée du couloir d’anthropologie, à l’Université de Montréal. Pour que ce couloir soit, il doit être nécessairement quelque part. Gardons-nous pour l’instant de digresser sur le caractère culturel (quelque chose) de ce lieu. Attardons-nous plutôt sur le positionnement de ce couloir dans l’espace environnant. Suivons les lignes naturelles de perspective pour que notre point de fuite s’ajuste sur le fond du couloir. Nous regardons alors en direction NORD-EST. Dire « nord est », c’est déjà reconnaître une polarité à la Terre (géomagnétisme) et lui reconnaître un mouvement (rotation). C’est aussi se remémorer l’Orient, le Levant, le galbe du globe où depuis des milliards d’années notre position voit apparaître cycliquement l’étoile la plus proche. C’est permettre au regard de poursuivre en droite ligne. C’est y reconnaître divers objets, membre à part entière du paysage, connus depuis de millénaires ou découverts et assimilés récemment : Mais notre regard reste emmuré. Or, l’espèce humaine a cette étrange faculté réflexive. À son corps animal s’ajoute un corps médial, produit d’une interaction « mutualisante » entre écologique, symbolique et technique. Le questionnement porte non plus sur qui a fait le mur ou sur ce qu’est le mur ; la question est dorénavant : qu’y a-t-il derrière le mur ? Investiguer en ce sens permet de remonter le fil d’Ariane des relations, causales et analogiques, qui tissent le sens de ce lieu. Loin, des étoiles aux éclats variables. On y met de l’ordre, on « cosmise » et on y voit des constellations : animaux fabuleux et personnifications mythologiques... Lord Byron en avait l’idée en écrivant :
Ye stars ! which are the poetry of heaven, O étoiles ! vous êtes la poésie du ciel. Si dans vos éclatants hiéroglyphes nous avons voulu déchiffrer le sort des hommes et des empires, il faut nous pardonner. Car la cause de notre erreur est la grandeur de nos aspirations qui, dépassant notre condition mortelle, nous font chercher en vous des sœurs et des amies. Vous êtes la splendeur et le mystère. Vous nous inspirez tant de respect, tant d’amour, que la fortune, la gloire, la puissance et la vie ont pris à nos yeux pour symbole une étoile. Cette appréhension de ce qu’il y a outre le mur est médiatisée par un outillage para-organique (qui va au-delà des sens) ou exo-somatique (qui est hors du corps) qui télescope notre vision. Voici quelques-unes des observations que nous pouvons relever suivant ces instruments : Erakis. Les étoiles deviennent particulières et certaines de leurs propriété sont relevées : couleur, température, distance, constitution, âge, masse, volume et densité... L’étoile peut certes paraître perdre de sa féerie, elle gagne en retour un statut terriblement réel. Elle est, là, immense et chaude dans le silence glacial du cosmos. Prenons Erakis, en direction du néon. Là gronde l’astre le plus gros qui soit connu dans l’univers. Nous introniserions Erakis à la place du Soleil qu’elle occuperait aussitôt presque tout le système solaire, jusqu’à Saturne inclusivement ! Andromède. Voie Lactée. |
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Dernière mise à jour 17-12-02 :: Félix Pharand-Deschênes |